Un peu d'Histoire... Les ordres militaires et religieux.
L'ordre des Templiers
Vers 1119, Hugues de Payns, chevalier originaire de la Champagne, fonde avec quelques compagnons une milice qui deviendra les "Chevaliers de l'Ordre du Temple".
A la fois moines et chevaliers, religieux et soldats, les Templiers ont pour objectif la défense de Jérusalem (puis des Etats Latins d'Orient) et la protection des pèlerins se rendant sur le tombeau du Christ.
L'ordre doit son nom à la maison qui lui fut attribuée par le Roi de Jérusalem, Beaudoin II, près de l'emplacement du Temple de Salomon.
Les Templiers se voient octroyer de nombreuses donations de terres et de droits ; ils constituent rapidement en Occident un réseau de commanderies dont une partie des revenus est transférée en Orient. Les Hommes qui entrent dans l'ordre doivent prononcer des voeux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté propres à tous les ordres religieux.
La fascination qu'ont exercé les Templiers est surtout liée à leur chute. En 1307, les Templiers de France sont arrêtés, le même jour, sur ordre de Philippe le Bel, accusés de rites secrets, d'idolâtrie et de sodomie. L'ordre est dissout en 1312. Après le procès, le grand Maître Jacques de Molay ainsi que d'autres Templiers sont brûlés vifs sur le bûcher.
Leur chute est probablement liée au fait qu'après la perte des Etats Latins, leur existence n'avait plus lieu d'être.
Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Avant que ne débute la première croisade, un hôpital est fondé à Jérusalem à proximité du Saint-Sépulcre pour héberger les pèlerins occidentaux. Ces pèlerins viennent nombreux avec la croisade et en Occident, dans les ports d'Italie ou de Provence où ils s'embarquent, d'autres hôpitaux sont créés. C'est pourquoi en 1113, l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem est reconnu comme ordre hospitalier indépendant.
C'est seulement vers 1140, bien après la fondation de l'Ordre du Temple, que l'Hôpital s'organise en ordre militaire.
Les Hospitaliers conservent cependant une vocation de charité et développent une image de défenseurs de la chrétienté, grâce à leur présence en Orient. Après la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291, ils se réfugient à Chypre, puis à Rhodes dont ils sont chassés par les Turcs en 1522. En 1530, l'empereur Charles Quint leur permet de s'installer à Malte, d'où leur dénomination de Chevaliers de l'Ordre de Malte.
L'héritage des Templiers et des Hospitaliers à La Couvertoirade
Le nom de Cubertoirata apparaît dès le XIème siècle lors de la délimitation des territoires appartenant à l'abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) aujourd'hui.
Depuis le XIIème siècle, les Templiers sont installés sur le Larzac et à La Couvertoirade. Leur implantation est due d'une part à la proximité de routes permettant de descendre vers la côte méditerranéenne pour s'embarquer vers l'Orient et la Terre Sainte, d'autre part à des donations.
La Couvertoirade constitue dès l'origine pour les Templiers un centre d'exploitation agricole. Ils cultivent sur ses terres du blé, élèvent des chevaux (pour la guerre) et des ovins (pour la viande, les peaux, le lait). Un village se crée lentement autour du château, encore visible de nos jours.
En 1312, l'ordre du Temple est dissous. L'ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade. La bourgade compte 135 feux en 1328, soit environ 800 personnes.
Au milieu du XIVème siècle, les "Routiers" (des brigands de grand chemin) pillent le Larzac. Par crainte de ces bandes armées, les villageois finissent par fortifier La Couvertoirade de 1439 à 1445. Malheureusement le village s'est déjà fortement dépeuplé.
A ce siècle de fléaux succède un siècle de repeuplement et de reconstruction dont témoignent de nombreuses maisons ayant conservé des éléments de la fin du XVème au début du XVIème siècle.
En 1562, au début des guerres de religion, les Huguenots tentent de prendre La Couvertoirade - en vain. En 1702 les habitants s'arment et restaurent les portes par crainte des Camisards, mais le village ne sera plus jamais attaqué.
Malgré les épidémies et les disettes s'instaure une certaine prospérité. En 1768 La Couvertoirade est érigée en commanderie indépendante, octroyée au chevalier Riquetti, baron de Mirabeau, déjà commandeur de Sainte-Eulalie. Mais la Révolution confisque bientôt toutes les possessions hospitalières. Au XIXème siècle, le village est touché par l'exode rural. Depuis, La Couvertoirade revit grâce à son passé prestigieux.


