La particularité de ce cimetière très ancien est qu'il a été coupé en deux lors de l'édification de remparts en 1445, tout autre tracé étant jugé à l'époque "grandement préjudiciable et même inefficace". Le muret actuel du cimetière, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des remparts, en porte témoignage. Outre quelques tombes du XIXe siècle, le cimetière présente aujourd'hui des copies de stèles discoïdales intéressantes.

Les stèles discoïdales (d'après R. Aussibal)

Un peu d'histoire

Les stèles discoïdales sont des monolithes d'assez faible épaisseur, plats, constitués essentiellement d'un disque porté par un pied ou "collet" aux dimensions très variables. Monuments tumulaires médiévaux, les stèles sont présentées ici dans le contexte qui fut originellement le leur, grâce à cette reconstitution spatiale qui en regroupe une dizaine, aussi variées de format, d'iconographie que de provenance. Placées au chevet, elles marquaient spécialement de leur puissant symbolisme certaines tombes chrétiennes (religieux, pèlerins...).

Aspect de la stèle

L'aspect formel de la stèle, disque solaire pédonculé, orienté à l'Est, matérialise un choix religieux, l'acte de foi du défunt en la résurrection et en la vie éternelle

Signification

L'avers du plateau, à la tête de la sculpture, face au soleil levant, porte le plus souvent en son centre et comme motif principal, une croix grecque, à branches égales. Ce thème iconographique plus ou moins ornemental et élaboré dans son tracé, croix de résurrection et de gloire, est l'emblème christique que le lapicide a inscrit dans un décor de cercles concentriques, le nimbant. Parfois rayonnante, cette bordure accentue encore le symbolisme qui lie le soleil renaissant et le Christ ressuscitant dans sa gloire. Le plateau devient miroir et divinise un phénomène naturel, aussi mystérieux que la vie engendrée par l'astre. Parfois la stèle est vierge de toute iconographie, mais le plus souvent, c'est le revers qui en est le seul dépourvu. Il porte dans de nombreux cas, une réplique de la face principale opposée ou un décor symbolique particulier.

Symbolique de la stèle

Le symbole, figuration abstraite, remplace ici l'allégorie païenne; cet aniconisme se conjugue avec des pictogrammes évoquant la profession du défunt à défaut de mention épigraphique plus précise. Ainsi, la croix symbolise le Christ qui n'est jamais figuré jusqu'au XVIème siècle. Elle n'est pas l'instrument du supplice, mais rayonnante est celle de la résurrection, de la vie et de la gloire. Le lys des jardins n'est pas la fleur de Lys. Pédonculé et "nourri", il est le symbole de la Vierge Marie, et occupe, comme sur la plupart des croix plus tardives, calvaires ou autres, le côté opposé de la croix quand il ne participe pas à son ornementation.